Martial Solal

Date de naissance23 août 1927 Alger
ActivitéPianiste de jazz, compositeur, arrangeur et chef d'orchestre français
InstrumentsPiano

À l'âge de 7 ans, Martial Solal apprend les rudiments du piano auprès de sa mère, une modeste chanteuse d'opéra amatrice. Son talent d'improvisateur se révèle dès ses dix ans, lors d'une audition, quand il se mit à modifier l'ordre des séquences d'une Rhapsodie de Liszt, sans hésitation et sans que personne ne s'en rende compte. Ce n'est qu'adolescent qu'il découvre le jazz et la liberté qu'il permet, aux côtés de Lucky Starway, saxophoniste, chef d'un orchestre local à Alger, qui lui fait découvrir Louis ArmstrongFats WallerTeddy Wilson ou encore Benny Goodman. Il reste tout de même principalement autodidacte.

À partir des années 1940, les lois nazies en vigueur dans les colonies françaises lui interdisent l'entrée à l'école en tant qu'enfant d'un père juif. Il continue à prendre des cours de musique privés, auprès d'un voisin de sa tante, multi-instrumentiste. Martial Solal entre dans son orchestre de danse (tangos, valses, un peu de jazz) et y joue durant cinq ans.

Durant la Seconde Guerre mondiale, au Maroc pendant son service militaire, il joue dans les mess des soldats américains.

Débuts professionnels

Devenu professionnel en 1945, il s'installe à Paris le 

wikipedia.org/wiki/1er_janvier">1er janvier 1950. Il rencontre Kenny Clarke, avec qui il joue au célèbre Club Saint-Germain. Il jouera dans ce club plus de dix ans, accompagnant avec Kenny Clarke et Pierre Michelot les musiciens américains de passage : Dizzy GillespieStan GetzSonny Rollins.. Il joue également avec Aimé BarelliChiboustBenny Bennett...

Pour sa première session d'enregistrement, il participe à la dernière de Django Reinhardt, en avril 1953, et enregistre également avec Sidney Bechet.

Il crée un quartet avec Roger Guérin à la trompettePaul Rovère à la contrebasse et Daniel Humair à la batterie, avec lequel il joue régulièrement au Club Saint-Germain. Il se produit également en piano solo, dans un style inspiré par Art Tatum3.

À partir de 1955, il accompagne le saxophoniste Lucky Thompson, avec qui il enregistre plusieurs disques et fait plusieurs apparitions à la télévision.

Malgré une notoriété naissante, les ventes et concerts ne suffisent pas à assurer une subsistance correcte à Martial Solal. Il signe quelques disques alimentaires en 1956, jouant des airs à la mode (des chansons de Gilbert BécaudJo Privat, d'Édith Piaf comme L'Homme à la moto), sous le nom de « Jo Jaguar ».

C'est en 1956 qu'il commence à enregistrer en solo, pratique qui le suivra tout le long de sa carrière. C'est aussi l'année où il crée son premier big band1 (Martial Solal et son grand orchestre, 1958).

En 1959, Solal compose l'ambitieuse Suite en rébémol pour Quartette de Jazz, d'une durée de 30 minutes environ. Elle est jouée au Club Saint-Germain en 1959, avec Roger Guérin à la trompette, Paul Rovère à la contrebasse et Daniel Humair à la batterie. La pièce est répétée et mémorisée séquence après séquence (en général de huit mesures)8. Pour Martial Solal, « cette pièce a eu le mérite de donner une certaine ambition au jazz à un moment où presque toutes les petites formations se contentaient d'improviser sur des standardsde trente-deux mesures. Ses différentes mélodies, ses changements de tempo, ses accélérations étaient inusités. » Radio France a enregistré cette suite, sans la diffuser ; une version raccourcie, de plus de 13 minutes, se trouve sur Best Of Live, publié en 1985.

En 1959, Martial Solal compose sa première musique de film pour Deux hommes dans Manhattan de Jean-Pierre Melville. Le compositeur principal, Christian Chevallier, malade, ne pouvait écrire la dernière séquence de 7 minutes. Solal écrit donc un petit riff d'une dizaine de notes, et une mélodie très courte jouée par Roger Guérin. Pour Solal, « le plus difficile a été de jouer le même riff pendant sept minutes sans aucun effet, sans aucune variation de tempo ou de dynamique. Une véritable épreuve. Melville a apprécié le suspense créé. »

Années 1960

1960 est l'année de la création de son trio avec Guy Pedersen à la contrebasse et Daniel Humair à la batterie, trio qui reste célèbre. Ils libèrent le jeu triangulaire du trio classique : la contrebasse change radicalement devenant plus mélodique et l'esthète Daniel Humair apporte des trouvailles techniques ébouriffantes.

Pilier du Blue Note, il accompagne le guitariste Jimmy Gourley durant plusieurs mois, jouant un répertoire différent tous les soirs, ce qui lui permet de maîtriser parfaitement les thèmes et harmonies de nombres de standards.[réf. souhaitée]

Recommandé par Jean-Pierre Melville qui était fan du pianiste3, Martial Solal compose la musique d'À bout de souffle de Jean-Luc Godard (1960). Il compose ensuite différentes musiques de film, notamment pour Le Testament d'Orphée de Jean Cocteau (1960) ou pour Échappement libre de Jean Becker (1963). Il interprète la musique composée par Jean Ledrut pour Le Procès d'Orson Welles (1962).

Le producteur américain George Wein le découvre en France et le présente en 1963 en vedette au festival de Newport, en l'invitant en préalable à jouer pendant deux semaines à l'Hickory House, un club de la 53e rue à New York. Pour Martial Solal, c'est un choc : aucun musicien français n'avait été invité aux États-Unis depuis Django Reinhardt. Comme il est invité sans son trio, Joe Morgen, l'envoyé de Wein, lui présente le contrebassiste Teddy Kotick et le batteur Paul Motian, qui jouaient avec Bill Evans ; les trois musiciens s'entendent bien très vite. Le succès est au rendez-vous et l'engagement à l'Hickory House est prolongé de trois semaines. Le concert de Solal à Newport n'ayant pas été enregistré, il est « recréé » en studio le 11 juillet 1963 (At Newport 63). Solal met prématurément fin à cette prometteuse carrière américaine pour rester auprès de sa femme et de son jeune fils.

De retour en France, il reste leader de son propre trio et de ses grands orchestres, qu’il aborde avec un accent mis sur la composition.

À la fin des années 1960, Martial Solal critique le free jazz, qui représente pour lui un « travers qui consiste à jouer un peu trop, n'importe quoi, n'importe quand, n'importe où. » Pour lui, il est important de « respecter certaines normes qui font que la liberté a une valeur. La liberté n'a de valeur que par rapport à quelque chose d'établi, si la liberté est totale et absolue ce n'est plus de la liberté. » Il compose un morceau qu'il intitule ironiquement Jazz frit.

Années 1970

En 1970 paraît Sans tambour ni trompette, album que Martial Solal considère comme son plus original. Le trio avec lequel jouait alors le pianiste était constitué de Gilbert Rovère (contrebasse) et Charles Bellonzi (batterie). Ce dernier n'étant pas disponible pour le festival de Budapest, le contrebassiste Jean-François Jenny-Clark s'est ajouté au duo Solal/Rovère. Ce trio à deux contrebasses (Rovère aux doigts, Jenny-Clark à l'archet) a tourné pendant deux ans avant d'enregistrer ce disque sur lequel on retrouve 4 compositions de Martial Solal, écrites et peaufinées pour ce trio12,A 7.

 

Années 1980

Solal se lance dans un grand orchestre en 1982, puis en 2006 avec son Dodecaband puis son Newdecaband. Eric Le Lann est le seul trompettiste à y figurer depuis le début.

En 1983 sort le disque en piano solo Bluesine.

Années 1990

Martial Solal écrit des arrangements de chansons de Piaf et de Trenet pour Éric Le Lann, qui figurent sur l'album Éric Le Lann joue Piaf et Trenet (1990).

Au début des années 1990, Martial Solal anime une émission hebdomadaire sur France Musique, dédiée aux pianistes de jazz, à laquelle sont conviés la nouvelle génération de musiciens (Manuel RochemanJean-Michel PilcBaptiste TrotignonFranck Avitabile...)Martial Solal improvise pour France-Musique, album sorti en 1994, reprend quelques-unes des improvisations jouées en solo au cours de ces émissions.

À partir de 1995, il renoue avec les rythmiques américaines, avec Marc Johnson (contrebasse) et Peter Erskine (batterie), avec lesquels il enregistre Triangle en 1995.

En 1997, faisant suite à l'album Just Friends, il tourne en trio avec Gary Peacock à la contrebasse et Paul Motian à la batterie. Puis il crée un trio avec les jumeaux François (contrebasse) et Louis (batterie) Moutin, trio qui perdure jusqu'aux années 2010.

Années 2000

En avril 2000 sort le film Les Acteurs de Bertrand Blier, pour lequel Martial Solal a composé la musique.

Il renoue avec le dodécaband pour deux albums, Martial Solal Dodecaband Plays Ellington (2000), sur lequel il réarrange des thèmes de Duke Ellington, et Exposition sans Tableau (2006), constitué de compositions originales.

Il enregistre deux albums en solo, Solitude (2007) et Live at the Village Vanguard, enregistré au Village Vanguard à New York.

Il publie en 2008 Longitude, un album en trio avec les frères François et Louis Moutin.

 

Source : Wikipedia

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